17 octobre 2008

Le bio filerait-il un mauvais coton ? 1ère partie

Après la mode éthique, je me devais tout naturellement d’évoquer le bio. Non pas le bio qui redonne enfin du goût à nos repas mais qu’on trouve désormais dans nos dressings (pas encore dans le mien mais ça viendra…), à savoir le coton biologique, à ne pas confondre avec le coton équitable, nuance que nous évoquerons plus loin. Je vous l’accorde, le titre de mon billet est un peu provoc’ mais il captera j’espère l’attention des partisans du coton bio, mais aussi celui des indécis (comme moi). Car depuis que je m’intéresse à ce coton, il me pose quelques problèmes que vos commentaires éclairés m’aideront à résoudre, j’espère.

Une grande chaîne suédoise de prêt-à-porter s’est récemment mise au bio et propose désormais un grand choix d’articles textiles fabriqués en coton bio, ou coton organique comme on l'appelle dans les pays anglo-saxons. Le bio et les valeurs qu’il véhicule semblerait donc avoir convaincu la grande distribution de contribuer elle aussi à la protection de l’environnement. La chaîne en question encourage même ses producteurs de coton à se convertir à la culture écologique en leur garantissant l’achat de leur récolte durant cette période d’adaptation. Jusque là on aurait tendance à lui décerner une médaille. Mais quand elle se targue d’offrir la mode et la qualité au meilleur prix, on peut légitimement se demander qui fait les frais de cette politique commerciale.

Et si les producteurs étaient justement les dindons de la farce ?

Personnellement j’ajouterais bien qu’au passage les consommateurs se font aussi un peu plumer comme des perdreaux de l’année, mais ceci pour des raisons essentiellement liées à la fameuse qualité vantée par la chaîne, nous en reparlerons.

A la différence des agriculteurs qui produisent pour la filière du commerce équitable, les agriculteurs qui produisent pour la grande distribution ont certes la garantie d’écouler leur production mais n’ont aucune garantie quant à un prix minimum et ce quelques soient les aléas boursiers ou climatiques. La grande distribution achète de grosses quantités, au meilleur prix soi-disant pour le consommateur, mais pas pour le producteur qui doit se résoudre à vendre son coton bio à des prix très bas avec pour seule consolation d’avoir écoulé toute sa récolte à défaut de pouvoir nourrir décemment sa famille.

Si le coton équitable est le plus souvent du coton bio, l’appellation coton biologique est loin d’être une garantie quant au caractère équitable des échanges entre producteurs et grande distribution. La Chine aussi produit du coton bio, comme elle produit à peu près de tout d’ailleurs. Et dans le cas du coton bio, ne pensez pas que la main d’œuvre utilisée soit mieux lotie que les autres industries.

esclavage8En conclusion, si vous êtes adepte du coton bio pour ses qualités intrinsèques et son rôle pour l’environnement, je vous exhorte à ne pas l’acheter en grande distribution. Quitte à payer cinq euros de plus, dites-vous qu’en bout de chaîne il y a du travail et de la sueur qui seront un peu mieux récompensés.

Dans une 2e partie nous aborderons cette épineuse question : le coton bio est-il vraiment écologique ?

Posté par ledressingdesam à 09:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


Commentaires sur Le bio filerait-il un mauvais coton ? 1ère partie

Nouveau commentaire